Avoir des connaissances, c’est bien. Faire partager ces coups de coeur, c’est encore mieux. Et quand, il y a un mois de ça, un ami du web me parle d’un groupe, je me dis “pourquoi pas !”. Et c’est précisement ce jour-là que je suis tombée dans la folie Eclectek.
“Acid punk, funk’n'bass, hip-hop industriel ?”. C’est ainsi que se définissent les membres de ce tout nouveau groupe originaire de Lille aux allures de héros tout droit sortis d’une bande dessinée de votre libraire du coin. Dès les premières notes, on s’aperçoit qu’on n’a pas à faire à ce à quoi on est habituellement confronté : entre mélanges électro-vitaminés indéfinissables et solos de micro déjantés, Eclectek parait comme un ovni tout droit sorti d’un univers parallèle où on aimerait être invité.
Assise bien confortablement sur mon siège, me voila en conversation directe avec Christophe, alias Stouffi the Stouves, l’un des chanteurs du groupe, pour une interview un peu sérieuse mais beaucoup décalée. Comme eux, en fait.
Charlène : Tout d’abord, je te remercie à l’avance de nous consacrer, à moi et aux membres de la communauté du 17 Rue des Arts, cette petite interview. Je vais donc commencer par une question qui doit revenir souvent mais que je me dois de poser pour que les lecteurs du site vous connaissent un peu plus amplement : est-ce que tu pourrais nous présenter en quelques phrases le groupe, ces membres et comment vous vous êtes rencontrés ?
Christophe : Eclectek a été créé en Septembre 2006 par moi-même, Stouffi the Stouves (chant et programmation) et Latino Prez (guitariste). Nous n’étions que deux au départ, mais la composition a sans cesse évolué, avec des arrivées et des départs assez récurrents. Depuis un an à peu près, nous travaillons avec les mêmes personnes, à savoir Klemaouch (chant), Rhumarisk (batterie), Maximax aux machines et Fudd au VJ.
Nous nous sommes tous rencontrés à l’adolescence, dans de nombreuses fiestas, et notre goût commun pour la musique nous a réunis. Mais chacun a eu ses projet avant Eclectek et ce n’est que depuis quelques temps donc que nous avons décidé de travailler ensemble. En famille on pourrais dire. (rire)
Tu dis que ça fait environ un an que votre groupe est à peu près posé et que les membres sont fixés. A ton avis, pourquoi ça n’allait pas avec les anciens membres qui sont partis depuis ? Divergences musicales principalement ?
Pas du tout. Certains ont décidé de changer de cap, d’autres d’arrêter complètement, mais ce sont tous des amis et nous nous voyons encore très régulièrement : ils viennent aux concerts, on va aux leurs ! Eclectek fonctionne plus comme un crew que comme un groupe : rien n’est figé, certains partent, reviennent, d’autres arrivent, si bien qu’aujourd’hui nous nous déplaçons à une dizaine.
Wow, ça doit être assez impressionnant de vous voir tous débarquer lors de concerts ou de festivals ! Mais d’ailleurs, d’où vous est venu ce nom de groupe, “Eclectek” ? A-t-il une signification particulière ? Qui en a eu l’idée ?
Latino Prez et moi-même, on trouvait que ça sonnait bien : c’est court, et ça résume bien l’esprit du groupe.
C’est ce que je me demandais. Si c’était juste un nom comme ça, sorti au beau milieu d’une conversation ou bien s’il avait vraiment un sens. Parlons donc musique vu que c’est un peu ce qui fait que le groupe existe aujourd’hui. La première fois que je vous ai écoutés, ce qui m’a tout de suite frappée, et ce qui semble être un terme récurrent dans la plupart des chroniques qui vous est consacrée, c’est ce mélange assez impressionnant de sons que vous arrivez à mixer les uns aux autres pour donner quelque chose de totalement différent de ce qui s’écoute “habituellement.” Comment pourrais-tu définir ce son justement ? Vous arrivez à mettre un adjectif dessus ?
Merci. Un adjectif, non, c’est vraiment comme ça vient. Il y a un coté instinctif dans notre son, mais effectivement, une volonté d’aller où on nous attend pas, de surprendre, mais loin de nous la prétention d’inventer un style. On aime tellement de style qu’on les digère, les mélange, les malaxe pour en arriver au son que tu as pu entendre. Mais on aime beaucoup le fait qu’on nous dise qu’il est difficile de nous mettre une étiquette, et j’espère que ça va continuer comme ça. Il y a déjà assez de clones dans l’industrie …

Et comment ! Je ne sais pas si on peut dire que c’est de pire en pire, mais c’est l’impression que ça donne malheureusement. Malgré tout, et bien que vous soyez assez uniques en votre genre (dans le positif, bien sûr), vous devez tout de même avoir des influences musicales ? Que ce soit collectives ou individuelles ?
Oooooooooooh oui ! Mais toutes te les citer serait trop long. Ca part des chansons des 70s jusqu’à aujourd’hui. Disons que pour Klemaouche, notre chanteuse, la tendance est très funk, motown, groove. Pour Latino Prez, ça va de Pink Floyd à Metallica en passant par les Red Hot, la techno, le jazz, etc. Pour moi, c’est la même chose mais avec une forte tendance plus hip-hop, fusion. Pour Rhumarisk, c’est la techno minimale, et le hardcore metal. Et pour Max, c’est une véritable encyclopédie donc impossible de dire ce qu’il préfère !
Tu vois, c’est vraiment dur d’être court sur le sujet.
En effet ! Et c’est vrai que plus il y a de membres dans un groupe, plus les influences “risquent” d’être très vastes. En tout cas, vos différents goûts musicaux sont surement une des raisons qui ont fait le son qui vous caractérise tant aujourd’hui. Mais ce son, d’ailleurs, c’est une envie commune ? Les autres membres du groupe avaient envie de faire quelque chose de différent et se sont “inclinés” face à votre travail de départ ? Ou tout est vraiment collectif ?
Disons qu’aujourd’hui, chacun apporte sa pierre au mur : j’apporte les squelettes et ensuite nous décidons ensemble des modifications, de la tournure que va prendre le morceau, quels corps construire autour de ce squelette ! Chacun a sa partie bien définie, et au final, tout prend place. Mais nous avions tous envie de faire non pas quelque chose de différent, mais quelque chose qui nous ressemble, la musique qu’on avait envie d’entendre en soirée pour se lâcher !!
Notre but commun est aussi de faire bouger le public, qu’il finisse en sueur ! On travaille beaucoup là-dessus et nous sommes sans cesse en train d’expérimenter des choses pour y arriver. (rire)
Oui, j’ai vu quelques vidéos d’anciens concerts et showcases auxquels vous avez participé, ça avait l’air totalement déchainé. On pourrait même dire “éclectique” ! Mais je reviendrai sur les concerts un peu plus tard. Tu disais juste avant que c’est toi qui apportais le “squelette” et que vous décidiez ensuite, ensemble, des modifications. Du coup, c’est toi qui est à l’origine de toutes les chansons ? Comment se déroule en général l’écriture ?
Pas toutes non mais une grande partie, c’est vrai. Parfois, les idées t’envahissent à tel point que le morceau s’impose à toi, comme par exemple sur “We are going to eclecfunk your ass” : là, c’est le cas le plus génial où tout te vient, ça fuse et c’est bon ! Parfois, c’est plus laborieux, et il faut sans cesse revenir dessus pour obtenir le résultat voulu. La composition est un moment particulier, mais lorsque l’on arrive au but, c’est le pied. Surtout si tous le monde est satisfait.
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Très bien. D’ailleurs, “We are going to eclecfunk your ass” est ma chanson préférée ! J’adore les changements assez brutaux de rythmes et de styles qui y sont créés. Et Klem a une voix assez incroyable ! Toi, de toutes vos compositions réalisées jusque-là, laquelle reste ta favorite ?
Très dur a dire, c’est quasiment toute mes bébés ! Mais j’aime beaucoup “Les nouveaux romantiques“, morceau que l’on joue sur scène et qui n’as pu être sur l’EP malheureusement.
Ah ! C’est la question que je me posais justement. S’il y avait des chansons exclusives non-comprises dans l’EP et que vous jouiez en live, ou bien qui étaient en projet pour un possible futur album.
Nous avons près d’une vingtaine de morceaux mais pour l’EP, il a fallu choisir et en garder sous le pied pour l’album.
Tout à fait. Il ne faut pas non plus tout dévoiler…. J’ai oublié tout à l’heure quand on parlait de la composition des chansons de te demander : j’ai remarqué qu’il y avait un mélange assez bien balancé de chansons françaises mais aussi en anglais. C’est un choix artistique ou ça c’est imposé comme une évidence à vous dès le départ ?
Ca s’est fait naturellement en fait. Klemaouche aime chanter en anglais et j’aime chanter en français, alors on fait un peu des deux vu que pour les paroles nous sommes les deux auteurs. Mais il n’y a pas de calcul, c’est vraiment en fonction du morceaux. (rire)
D’accord. J’aimerai maintenant qu’on aborde le sujet des costumes que vous portez sur scène, qui est quand même une autre de vos nombreuses caractéristiques ! Ce sont des personnages que vous avez créé par vous-même ? Que vous avez imaginé ? Vous avez l’air assez influencé par l’esprit des comics et héros de bandes dessinées. C’est surtout pour la déconne ou une véritable volonté de cacher, en quelques sortes, votre propre identité ?
Les deux !! Nous avons tout créé nous-même et nous sommes en perpétuelle évolution de ce côté-la. Eclectek a un aspect grafique assez important : tous les graphismes sont réalisés par ADKWAT qui est un membre à part entière du crew. Sur scène, notre VJ, Fudd, balance un univers fort, et nous sommes influencés par les comics. Nous avons d’ailleurs appelé notre EP “KOMIKS MUSIK” : on se voyait donc mal jouer en jean-tee-shirt ! Mais en plus, on aime ça : les costumes, toute la préparation et l’esprit de dérision qui en découle, le côté show aussi, on aime vraiment ça ! On travaille beaucoup pour que nos concerts soient le plus visuel possible. On a depuis peu travaillé tout un tas de chorégraphie et même des scènes théâtrales. (rire)
Vous préparez vraiment de véritables shows ! Ce n’est plus de simples concerts, mais de réelles pièces théâtrales ! Ca se ressent d’ailleurs auprès du public ? Vous avez des réactions plutôt positives de ce côté-là ? Je ne sais pas si vous allez à l’encontre de votre public après les concerts pour en discuter peut-être avec eux…
Toujours ! On va toujours boire des coups après, mais pas déguisés cette fois ! (rire) Certains nous reconnaissent et là, on discute, oui. Généralement, c’est ce qui plait vraiment au gens, ce côté dérision de notre groupe.
Tout cela donne un ensemble, les morceaux ne s’enchainent pas les uns après les autres sans lien, mais il y a des transitions. On essaye de plus en plus d’être interactif avec le public. On a eu que des bons retours là-dessus, alors comme on kiffe ça, on insiste de plus en plus sur cette partie du show. Le but est que les gens s’amusent, rient, dansent, suent, boivent et s’éclatent !
La dernière fois, on a eu une farandole sur de la technopunk, on a trouvé ça excellent ! Pendant que certains pogotaient, d’autres faisaient la queue-leu-leu, mais une queue-leu-leu bien destroy. C’est exactement là où on veut emmener le public : à un lâchage total !
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J’imagine qu’il doit y avoir des shows qui ont été plus déjantés que d’autres ! Un t’a marqué en particulier ou que tu as totalement adoré ? Ou bien il s’agit justement de celui que tu viens de citer ?
Je me rappelle d’un concert en Belgique au tout début, dans un bouiboui. Il y avait du sang sur la scène car le chanteur du groupe de la semaine précédente se mutilait et tatouait en live ! Le soir de notre concert, il y avait 4 personnes dont 3 complètement bourrées et affalés au bar ! On a joué à fond pendant 2 heures et à la fin, les mecs dansaient avec nous ! On s’est dit que si on était capable de jouer à fond et de prendre du plaisir dans des conditions pareilles, on pouvait tout faire. Heureusement, depuis, ça a beaucoup évolué et plusieurs m’ont marqué mais j’espère que le meilleur reste a venir ! On a faim de concert, on a beaucoup bossé et à partir de Janvier 2010, on veut y aller a 200% !
Tu parles de Janvier 2010 ? Des projets en cours ? Une date de sortie d’album ? Beaucoup plus de concerts ?
Oui beaucoup plus de concerts ! Là, on fait la promotion de l’EP, et on bosse encore sur notre show mais tout sera vraiment ficelé pour Janvier 2010. On a en projet également un clip fait d’animation et de prises de vue réelles, et effectivement, fin 2010, un album.
Très bien tout ça ! Je vois que 2010 s’annonce donc comme une année chargée pour vous !
Les retours de l’EP sont bien au-delà de nos espérances, et là on est chaud pour tourner un max’ !
Que du beau qui se profile à l’horizon alors ! Je vais donc te poser ma toute dernière question : si tu étais chroniqueur au 17 rue des Arts, et que tu devais faire un article sur un artiste encore inconnu que tu apprécies particulièrement, de qui s’agirait-il ?
Mindless Self Indulgence, le meilleur groupe actuel à mon avis : original, unique, puissant, ces gars sont de grosses stars aux Etats-Unis mais pas en France. Leur musique est en avance sur leur temps, ils ont sorti leur premier album en 98 et déjà ils avaient 15 ans d’avance…
Merci beaucoup ! Je vais aller de ce pas me renseigner sur eux et tout ce qu’ils ont fait jusqu’à maintenant ! L’interview touche malheureusement à sa fin. Je te remercie infiniment de m’avoir accordé un peu (beaucoup en fait (rire)) de temps et d’avoir bien voulu jouer le jeu de la rencontre, afin de faire découvrir ton groupe aux internautes ! C’est toujours un plaisir de faire des interview avec des artistes, surtout quand ça se passe aussi bien !
Ca m’a fait plaisir ! Tu clos une semaine bien chargée en fait et j’adore cette façon d’interviewer !
C’est ça, le 17RDA… ! (rire)
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Eclectek se découvre, s’écoute et se savoure par ici.
La version collector de l’EP est disponible sur ce site, et contient de nombreux goodies exclus !
Après un concert à Paris mi-Octobre, le groupe reviendra dans la capitale pour le FallenFest le 28 Novembre, et bougera ensuite en Haute Savoie pour le Snowkite Contest les 23, 24 et 25 Janvier.
Crédit photos : Eclectek
Un remerciement tout particulier à Aurélien Dufromont.























merci à charlène et a toute l’équipe pour ce petit moment fort sympathique !
et que la eclectude soit avec vous les amis !
Woo m’en vais écouter tout ça ! L’univers a l’air bien barré