Lorsqu'on lui demande ce qui l'a amené à la musique et depuis combien de
temps il y baigne, PJ Skyman rit. C'est la question qui tue, pour lui.
Mais puisqu'on l'encourage à donner un nombre, il nous répond "treize
ans et demi". Elevé avec les Pink Floyd en bande sonore, entouré de
musiciens comme son grand-père, violoniste, la musique a toujours été
présente dans l'environnement de PJ Skyman.
Petit, il avait envie d'apprendre le piano. C'est finalement la batterie
qui a eu droit à ses faveurs pendant les cinq années où il a pris des
cours. En septembre 1997, le petit PJ avait treize ans quand il a
commencé à bidouiller avec un "Music Center". C'était ses premiers pas
en musique électronique.
Mais comment se déroule la conception d'un album ?
Pour PJ, un album est un tout plutôt qu'un ensemble de morceaux mis ensemble sous le chapeau d'un titre commun. Tout est précisé à l'avance, avant même la composition en elle-même : l'ordre des morceaux, les durées, les enchaînements... D'ailleurs, les morceaux d'un album sont souvent faits pour être écoutés d'une seule traite.
A chaque album son idée directrice.
"Souvent, je pense à quelque chose, j'écris les paroles qui reflètent ces idées puis seulement la musique. J'essaye d'intégrer les idées et les paroles dans la musique, et parfois ça se retrouve simplement en filigrane".
Les idées développées dans ses albums tournent toujours autour de la critique, qu'il s'agisse d'une critique de la société, de la religion ou d'autres choses. Notre PJ est un rebelle.
Si les idées viennent généralement très vite, la réalisation, elle, prend du temps : entre 3 et 6 ans. Et oui, parce que PJ n'est pas un musicien à plein temps : son boulot l'occupe pas mal, ainsi que ses passions (la photographie et l'aérotrain, notamment). Mais pour lui ce n'est pas grave, cela permet à ses projets musicaux d'avoir le temps de mûrir.
PJ aime les défis, et cela se reflète notamment dans le découpage si particulier des morceaux dans ses albums. A titre d'exemple, son deuxième album "Walkers simply we are" est composé de trois morceaux. Si les deux premières pistes ont des longueurs à peu près classiques pour du PJ Skyman, le dernier morceau "Splif Ball Speed" atteint quant à lui une longueur étonnante de 56 minutes. "Ce n'était pas prévu", nous confie PJ. Construit sur un seul accord, le morceau s'est vu allongé encore et encore. C'est finalement une contrainte technique qui l'a convaincu de s'arrêter à 56 minutes : pour tenir sur un CD classique, la durée totale doit être inférieure à 80 minutes. Ce troisième album en fait 79'59. Mais, comme le dit PJ, il n'y a "rien à enlever, rien à ajouter".
PJ Skyman utilise le web pour diffuser ses albums, et ceci depuis les tous débuts. Il y a bien sûr son site personnel, mais il est également présent sur SoundCloud, Jamendo et le 17 rue des Arts. L'idée au départ était de partager ses créations avec le plus grand nombre pour avoir le plus d'avis possible. Il ne met pas pour autant de côté l'idée d'un jour commercialiser ses albums sous format CD : bien que son style musical ne soit "pas courant", pourquoi ne pas arrondir ses fins de mois de la sorte !
Sur son site web, PJ annonce déjà nouveaux albums, l'un pour 2012 et un autre pour 2014. "Les idées directrices de ces deux albums sont venus coup sur coup", nous dit PJ Skyman. Il préfère cependant échelonner leur création dans le temps, et travaille actuellement à celui prévu pour 2012, "Tempête". Son thème ? Le dérèglement climatique. Les morceaux transposeront musicalement les différents visages qu'adoptent les nuages au cours d'une tempête. Des sons d'orage viendront se mêler aux compositions électroniques de PJ pour renforcer l'immersion, et les titres sont agrémentés de petits dessins représentant différents types de nuages. Avec cet album, PJ Skyman revient au sources : petit, il jouait sérieusement avec l'idée de devenir météorologue. C'est d'ailleurs dans cette obsession pour le ciel et les nuages que PJ a pioché pour se créer son nom d'artiste, "Skyman" !
Du cinquième album, PJ ne nous dit pas grand chose sinon qu'il sera constitué d'un seul et unique morceau. Nous en saurons plus en 2014.
musicien électronique, mais aussi photographe.
L'énergie créative que PJ mets dans la photo n'est néanmoins pas anecdotique.
PJ nous avoue qu'il a toujours baigné là dedans. Avec un père photographe, il a eu très tôt un appareil photo avec lequel jouer pendant les vacances : un Kodak APS, qui lui permettait de jouer avec les plans serrés, larges ou panoramiques. Il y a cinq ans, PJ s'armait d'un caméscope avec lequel il réalisait des photos mais également des vidéos en plan fixe : un haricot qui germe, un coin de rue ou une pizza dans un four, PJ aime regarder le monde à travers son objectif. En juillet dernier, il investit dans un réflexe numérique et c'est le début de nouvelles aventures en images.
Pour la photographie, PJ fonctionne comme avec la musique : c'est l'idée qui vient d'abord. Tout est soigneusement planifié, le matériel, les personnes, le sac... PJ joue avec les ouvertures de diaphragmes autour du monorail de l'aérotrain, avec la macro un peu partout, et récemment s'est retrouvé promu photographe de concert, d'abord pour des amis puis pour des artistes rencontrés lors de ses pérégrinations. C'est d'ailleurs au cours d'un de ces concerts qu'il a fait la connaissance de Daäri, duo de musiciens électroniques avec qui il a tissé des liens.
PJ est un "vieux loup solitaire" et n'a que très peu travaillé en collaboration avec d'autres artistes. Daäri est un peu l'exception qui confirme la règle, leurs interactions ponctuelles adoptant de multiples visages. Après l'avoir rencontré en tant que photographe, KeodäRy, la chanteuse du duo, s'est intéressée aux mots de PJ et plus particulièrement aux paroles de ses morceaux. Finalement, elle reprend des paroles de PJ dans l'un de ses morceaux. L'expérience a visiblement plu à PJ, puisqu'il travaille actuellement pour elle à la création d'un appareil visant à modifier la voix.
Ha oui, parce que PJ est aussi un bricoleur.
Une autre activité issue de sa créativité artistique, et cette fois ci en lien avec la musique, se trouve dans la fabrication de "machines qui font du son". Chez PJ se trouve une véritable caverne d'Ali Baba pour les amateurs d'électroniques. Diodes lumineuses en tous genres, résistances, transistors et autres composant permettant de faire du son, tout ce qu'il faut pour permettre à PJ de bricoler.
Finalement, ce n'est pas si étonnant de retrouver PJ Skyman sur le 17 rue des arts. Cet artiste touche à tout, bricoleur, expérimentateur et amateur de défis peut s'étendre dans un peu toutes les directions et proposer un échantillon de toutes ses créations, sans limites.
Il n'y a pas à dire, nous avons hâte de découvrir ses prochaines réalisations !
Statistiques
- Publié le Vendredi 13 Mai 2011
- Mis à jour le Vendredi 13 Mai 2011
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