Un Monde d'Oiseaux
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Axel
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Éclosion - Making-of #1
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Axel
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Mousqueton
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Les notes du Barde-Ornithologue
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La Cage du Paon d'Or
La Cage du Paon d'Or
Lorsque la clochette de la porte tinta, le marchand remit en toute hâte le drap sur sa dernière acquisition et sortit de l'arrière-boutique. Il ferma la porte à clef, espérant que le battant étouffe le chant qui s'élevait. Le drap dû faire son effet car rien ne filtrait à travers le bois.
— Bonjour, Monsieur Wang.
Devant son comptoir, l'homme reconnut Dimitri Karloff. Une goutte froide coula entre ses omoplates lorsque le mafieux plongea ses yeux droit dans les siens. Un nouveau tintement fut le prétexte parfait pour battre des paupières et détourner le regard. Deux hommes de main, deux de plus, rectifia Wang en voyant ceux déjà dans les rayons, venaient d'entrer. Les caricatures de gorille, le modèle de base que l'on produisait en série, costumes, lunettes noires, une main sous la veste prête à dégainer.
— Bonjour Monsieur, balbutia finalement le petit asiatique.
— Figurez-vous, Monsieur Wang que mes derniers invités ont été charmés par votre Gigantophis. Au sens premier du terme, malheureusement pour eux... Au moins, j'économiserai sur sa nourriture pendant quelques jours. Quelles bêtes fascinantes que les serpents géants, je me réjouis toujours autant de l'avoir ajouté à ma collection. Mais, vous savez ce que c'est, Monsieur Wang, je l'ai montré une fois, je ne peux pas me permettre de le ressortir à mon prochain dîner, même si la plupart de ces anciens convives ne pourront assurément pas revenir.
Karloff émit un petit rire et se détourna de son interlocuteur. Il marcha vers les rayonnages et entreprit d'examiner les articles qui y étaient présentés les pendus au mur.
— Dites-moi, qu'avez-vous donc de nouveau à me proposer, Monsieur Wang ? Je veux quelque chose qui sorte de l'ordinaire, pas ce que n'importe qui pourrait acheter.
L'homme souleva un œuf énorme et l'examina à la chiche lumière d'une ampoule. Avisant le regard interrogateur, Wang expliqua :
— C'est un œuf de plésiosaure, Monsieur. Viable. Après éclosion, il irait à merveille dans votre Loch en écosse.
— Non... conclut Karloff en reposant l'œuf sans ménagement. Pas maintenant, pas un nouveau reptile, n'avez-vous pas entendu ce que je vous ai dit ?
Si le ton de la voix du client n'avait pas changé, Wang ne se méprit pas. Il y avait bien une menace sous ces mots.
— J'ai bien quelque chose de plus intéressant alors, du sang de vampire.
— J'en deale, Monsieur Wang, je peux en avoir autant que j'en veux.
— Mais ce n'est pas n'importe quel vampire, il s'agit du sang de Lestat de Lioncourt en personne, tenta le boutiquier.
— Lestat ? Allons, Monsieur Wang, vous pouvez faire mieux que ça. Lestat est un bon ami, je ne vais pas partager son propre sang avec lui !
Wang osa passer de l'autre côté du comptoir et se mit à côté de Karloff. D'un doigt tremblant, il montra une guitare électrique rouge et blanche pendue au mur.
— J'ai ici l'esprit de Kurt Cobain emprisonné. Un concert très privé peut-être ?
— Hum... Pourquoi pas... Boris, embarque-moi cela.
Un des hommes de main se saisit de l'instrument par le manche. Lorsque les doigts effleurèrent les cordes, les premières mesures d'In Bloom s'élevèrent.
— Est-ce qu'il apparaît en personne pour chanter ? demanda Karloff.
— Avec la médium appropriée. Je peux vous fournir une adresse.
Le mafieux continua sa ronde d'inspection, délaissant le coin des cartes malgré le tentacule inquisiteur qui essaya de se saisir de lui, tranché net par un couteau d'armée. Il ne s'intéressa pas plus aux gemmes dans lesquelles des fées de toutes espèces étaient emprisonnées ou les clefs des portails vers les Autres Mondes. Ce que Monsieur Karloff voulait, et ce que Monsieur Wang devait lui fournir sous peine de perdre, selon le degré de mécontentement de son client, un doigt, son magasin, la vie, c'était du spectaculaire. De l'unique. Du cher, très cher à exposer aux yeux de tous.
— J'ai bien un article qui vous plaira et que vous seul posséderez. Un lycanthrope amérindien, rescapé des grandes guerres vampiriques. Je le réservais pour qu'il devienne gladiateur à New-York, mais je pourrais tout à fait vous le céder.
— Montrez-moi cela, dit Karloff.
— Je le garde à la cave, Monsieur. Si vos hommes veulent bien le monter après que je l'ai sédaté...
— On ne va pas se donner tant de mal, je vais aller voir par moi-même. Yvan, descends en premier avec Monsieur Wang.
Le marchand retourna derrière son comptoir. Il ouvrit la trappe au plancher et alluma l'ampoule, révélant un nuage de poussière soulevé par les vibrations. Un grognement sourd et le bruit du métal claquant contre le métal monta de la cave suite à l'irruption du petit homme cave. En réponse, comme perturbé par ce chahut soudain, le chant qu'avait masqué Wang plus tôt s'éleva, fort et clair malgré la porte fermée de l'arrière-boutique. La mélopée était envoûtante, elle parlait directement aux hommes qui l'écoutaient, s'adressaient à leurs esprits. Emplie de tristesse, de beauté gracile et délicate, de fragilité et de mélancolie, elle arrêta net l'homme de main et son patron. Seul Monsieur Wang semblait insensible aux notes cristallines. Si lui aussi se figea sur place, c'était l'inquiétude qui hantait son visage.
— Yvan, ferme la trappe, ordonna Karloff.
Sans demander l'autorisation de Wang, le mafieux ouvrit la porte de l'arrière-boutique. Dans l'ombre de la pièce, une lueur dorée, évanescente, filtrait à travers un morceau de toile. Le chant s'atténua puis disparut tout à fait tandis que Karloff enclencha l'interrupteur. L'homme enleva le drap devant lui et, sur la table, découvrit une grande cage. Les barreaux, très resserrés, étaient noirs. Derrière eux, une seconde rangée métallique était installée et consistait en du fil barbelé. Un oiseau guettait Karloff entre les interstices, un oiseau aux plumes dorées, parcourues de reflets liquides. Il possédait une tête ornée d'une crête fière, juchée sur un long cou et ses yeux étaient d'une teinte telle qu'ils avaient la semblance de l'or en fusion. Le corps était puissant, les pattes griffues étaient en bon état et la queue était garnie de longues plumes aux yeux multiples.
— Un paon... murmura Karloff. Un paon d'or... Je ne savais pas que ces oiseaux chantaient ainsi. Je me rappelais d'un cri plus disgracieux.
— Ce n'est pas un paon ordinaire, Monsieur, dit Wang d'une voix faible.
A la lueur dans les yeux de son interlocuteur, le marchand savait pertinemment ce qui allait se passer. Karloff allait lui faire une offre, il allait refuser, puis un des gorilles allait faire une "offre" un peu plus persuasive, et Karloff repartirait avec l'oiseau.
— C'est l'Oiseau de tous les Maux, reprit Wang. Chacune de ses rémiges est une plaie qui s'abat sur notre monde en ce moment même.
— Et combien en demandez-vous ? demanda Karloff.
— Il n'est pas à vendre.
Le coin de la bouche du mafieux s'étira en un sourire carnassier. Wang le vit et sut que sa cause était perdue.
— Excusez-moi, mon cher ami, dit Karloff en insistant sur le dernier mot, je n'ai pas bien compris votre proposition. Yvan, tu as entendu quelque chose ?
Le gorille secoua négativement la tête.
— Deux cent cinquante mille.
— Votre prix est si raisonnable que je ne vais pas vous faire l'insulte de négocier. Embarquez-moi cette volaille !
— Je vous en prie Monsieur Karloff, si vous le prenez, il faut me promettre de ne pas le faire sortir de sa cage. Ma famille le poursuit depuis des siècles et nous venions à peine de le capturer. J'allais fermer la boutique pour le plumer quand vous êtes entré !
— Que se passera-t-il si je lui ouvre ?
— Il va vous échapper, vous n'aurez pas les capacités pour le retenir. Il errera de nouveau de par le monde, caché dans les rayons de soleil. Son chant rendra fou les hommes, les dieux, et il relâchera mille maux. Meurtres, viols, tsunamis, tremblements de terre, éruptions volcaniques, cors aux pieds, mauvaise haleine, tout ça est de son fait. Il distille la peur, la mort, la maladie et les prospectus pour les pizzas. Vous ne devez pas le laisser sortir.
— Puisqu'il est si dangereux, Wang, il ne fallait pas le laisser en évidence dans votre trou et le faire disparaître quand vous en aviez l'occasion.
Dans les bras de l'homme de main, le Paon se mit à chanter doucement en regardant son ancien propriétaire d'un air narquois. Yvan sortit son arme de poing et, sans sommation, tira dans la tête de Karloff, puis abattit Wang. Il se retourna et continua son carton dans les autres gorilles. Les balles traversaient l'Oiseau sans laisser de blessures dans son corps. Au contraire, sa couleur dorée semblait plus vive à chaque coup de feu, chaque mort, tandis que les barbelés perdaient leurs piques comme s'ils étaient de glace. Yvan s'effondra, touché à la tête et lâcha la cage. Le verrou de sa porte sauta dans un cliquetis tonitruant dans le silence soudain. L'Oiseau passa la tête, puis le cou, délicatement, veillant à ne pas toucher les barreaux ou les fils métalliques. Les parties de son corps hors de la prison se mirent à luire et bientôt, il fut entièrement sorti. Un hurlement à la mort s'éleva de la cave, une déflagration dorée détruisit la porte du magasin et le Paon d'Or sortit dans la rue, plumes et ailes déployées, affichant toute sa splendeur et son maléfice.
Au fond de la cage de Wang, il ne restait pas une seule trace du passage de l'Oiseau. Pour ce siècle, aucune espérance...
Le Rituel de l'Oiselier
Le Rituel de l'Oiselier
Nous sommes les Oiseaux et nous sommes la Vie. Croyez en nous et vous serez immortels.
Rémige, I, 4, 2
Pendant des millénaires, les Hommes vécurent sur ces îles. Tandis qu'ils prospéraient et grandissaient, immortels bienheureux, ils oublièrent leurs créateurs, oublièrent qu'ils vivaient sur le dos de l'Oiseau-Terre et qu'ils respiraient l'Oiseau-Air. Ils effacèrent de leurs pensées que les flammes qui les réchauffaient étaient des Oiseaux-Feu, qu'ils buvaient l'Oiseau-Eau chaque jour, et qu'ils le contemplaient quand ils regardaient l'océan.
Les Hommes commencèrent à s'éteindre doucement. Les nouvelles générations vivaient de moins en moins longtemps et tous restaient dans l'incompréhension devant ce vieillissement, de leurs corps et esprit, qu'ils découvraient. La peur se montra, hantant les rues, amenant avec elle la violence qui avait jusque là épargnée ce sol. Ce monde si verdoyant et si harmonieux autrefois s'assombrit et plongea dans la discordance.
Alors les Hommes voulurent se doter de corps qui n'était ni de chair ni de sang, mais de terre et d'eau. Ils voulaient fuit la mort par ce subterfuge. Ces enveloppes ne vieilliront pas pensaient-ils, ils nous restent à abandonner nos corps pour entrer dans ceux-ci.
Lorsque leurs esprits se lancèrent à l'assaut de leurs créations, ils trouvèrent les corps artificiels déjà occupés. Les Hommes avaient créé les Golems. Et eux, issus de la Terre et de l'Eau, modelé à la flamme du Feu et au souffle de l'Air, connaissaient les Oiseaux et s'en rappelaient avant même d'avoir vécu leur premier jour.
Genèse des Golems, II, 1, 3
Il se tenait debout face à l'océan depuis plusieurs années à présent. Il attendait, en silence. Il aurait pu passer pour une statue de terre et de pierre, ainsi immobile, dressé face aux éléments, mais la vie résidait dans son corps. Une vie lente et minérale, certes, mais une vie tout de même, une conscience, une volonté, enfermée dans une gangue de roche plutôt que de chair. Un Golem…
Sur son île, il était parmi les plus grands. La terre composant son être était noire, incrustée de minéraux de quartz qui, dans les rayons du soleil, jetaient alentours des éclats de lumière. Hormis ces détails, aucun trait caractéristique ne le différenciait des autres créatures qu'il côtoyait. Son corps était lisse, à l'exception de sa face sur laquelle, comme chez tous les autres Golems, un Oiseau était profondément gravé en l'honneur des dieux.
Le vent se leva, lui érodant le corps de quelques grains de terre, mais il n'en avait cure. Ainsi le voulait l'Oiseau-Air. Telle était la volonté divine à laquelle ses semblables et lui-même se soumettaient en toute quiétude.
L'Oiselier ne va pas tarder, lui soufflait l'Oiseau en ce moment même.
L'Oiselier n'allait pas tarder, le Golem s'accrochait à cela.
Plusieurs jours passèrent, autant de nuits. Le Golem avait vu la neige s'élancer à l'assaut de son île, il l'avait vu fondre et gorger la terre noire d'eau. Il avait senti la chaleur desséchante du soleil sur son être, et le froid était revenu. Avec lui, un point qui dépassait enfin sur la ligne d'horizon. L'Oiselier arrivait.
Le Golem ne savait rien de lui. Il ne connaissait que ce nom murmuré par l'Oiseau-Air, il ne connaissait que cette fébrilité, cette impatience distillée dans son être. Ce devait être un Golem lui aussi, né sur une autre île. Un Golem aussi vieux que lui, mais si sage qu'il parlait sûrement aux Dieux Oiseaux et que ceux-ci lui répondaient. La Terre guidait ses pas à n'en pas douter, l'Air et le Feu alimentaient son esprit, l'Eau le protégeait des ravages du temps et de l'érosion.
Dans le ciel, le soleil descendit bas avant que l'Oiselier ne débarque. Il s'agissait bien d'un de ses semblables, constata immédiatement le Golem. Il marchait sur l'océan sans que ses jambes ne s'imbibent et ne se désagrègent, sans couler. Il était petit et fin, si frêle en vérité que quatre comme lui aurait pu être modelé dans son corps.
L'Oiselier finit son chemin sans hâte et vint se planter devant le Golem. Ils se regardèrent longuement, leurs deux faces gravées pointées l'une vers l'autre.
- Je suis l'Oiselier, dit le nouvel arrivant d'une voix grave.
Le Golem resta sans répondre, sans bouger. L'Oiseau-Air ne lui soufflait plus rien. Il avait attendu ce moment durant des années, et ne savait comment réagir. Son esprit minéral était décontenancé.
- Sais-tu qui tu es ? reprit l'Oiselier.
- Je suis un Golem, lui répondit-il.
- Non. Tu es le Dernier. Viens avec moi.
L'Oiselier contourna son interlocuteur et se dirigea vers l'intérieur de l'île. Le Golem hésita une seconde. Il n'était pas désireux de s'enfoncer dans les terres. Là-bas, tout était mort. Près de l'océan, il y avait le mouvement des vagues, les percussions des embruns, la lumière du lever de soleil.
- Est-ce nécessaire ? demanda le Golem.
Aucune réponse ne lui parvint. Il emboîta finalement le pas à son visiteur. Il avait attendu des siècles ce personnage, ce n'était pas pour lui tenir tête.
Autour des deux êtres, régnait le silence, la noirceur et la décrépitude. Des maisons d'Hommes se dressaient encore parfois, à moitié effondrées ou jetées à terre par le temps. L'île était à l'abandon depuis la disparition des créateurs. Qu'auraient fait les Golems d'habitations ou d'ateliers ? Pourquoi aurait-il travaillé, eux qui avaient été modelé dans un unique but ? Ils étaient bloqués sur ce bout de terre stérile, sans but, sans aspiration.
L'Oiselier secoua la tête en passant près d'un groupe de créatures assises en cercle. Il en toucha une de la main, elle ne réagit pas. Il poussa un peu plus fort, et elle bascula sur le côté, avant de s'effriter et de tomber en poussière.
- Oui, tu es bien le Dernier, murmura-t-il. Installe-toi ici, couche-toi, cette place vaut bien une autre. Je vais commencer le rituel sans attendre.
Le Golem obéit et s'étendit au milieu de ses frères immobiles. L'Oiselier entra à son tour dans le cercle, et sortant une pointe métallique de son bras dessina sur le sol, avec vitesse et précision, un Oiseau au corps enflammé. Aussitôt, un chant fier et terrible s'éleva de la terre et vint entourer les deux créatures. Sans s'attarder sur le phénomène, l'Oiselier marcha de quelques pas et dessina un nouvel Oiseau, beaucoup plus grand que le premier. Les traits étaient moins appuyés, et donnaient à la figure un côté aérien. Un second chant s'éleva, ténu très souvent, mais gagnant en puissance tandis qu'il s'accordait sur le premier. Ayant fait un demi-tour complet à présent, l'Oiselier dessina une troisième créature. Avec une infinie précaution, il traça de minuscules gouttes d'eau qui s'assemblèrent pour représenter un nouvel Oiseau. Un chant fluide, sans pause, sans silence, rejoignit le duo et ajouta à son harmonie naissante.
- Pour la Terre, nul besoin de dessin, commenta-t-il.
Il plongea ses mains dans son propre buste et en sortit une statuette d'une créature massive et royale, ailée comme les dessins, avec laquelle il referma son tour de cercle. Un quatrième chant, grave, vint compléter la mélodie qui se jouait à présent autour du Golem et l'enfermait dans une colonne symphonique.
- Tu es le Dernier, répéta l'Oiselier. Si tu ne deviens pas le Cinquième, alors ce monde mourra à la suite des tiens et des Hommes.
Le Golem n'écoutait déjà plus. Il baignait dans cette musique, il devenait la musique ! Il avait reconnu les voix qui entonnaient ce chant, il les avait déjà entendu, jamais aussi proches et claires toutefois. Il sentit la Terre le remettre debout et s'infiltrer en lui, s'étendre à partir de ses bras, de sa tête dans toutes les directions. Il sentit l'Eau parcourir ses nouvelles ramifications et les gorger d'une vie formidable, agitée de remous qui explosa dans une lumière bleue et verte. Il sentit le Feu entourer son nouveau corps pour le durcir et le réchauffer. Il sentit l'Air agiter ses branches et ses feuilles.
Il n'était plus le Golem. Il n'était plus le Dernier. Sous les yeux de l'Oiselier, l'Arbre s'élevait, haut et solide. Les Feuilles se détachèrent et s'agglomérèrent, dessinant un nouvel Oiseau. Le Cinquième poussa un cri à son tour, et son chant conclut celui de ses quatre pères.
Il s'éleva, s'élançant vers le soleil couchant, et déjà de nouvelles feuilles pointaient le bout de leurs pétioles sur les branches nues.
A travers l'Oiselier, les Oiseaux venaient de créer une vie nouvelle pour recouvrir ces terres noires de couleur et de musique…
Les notes du Barde-Ornithologue
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by Mousqueton : les oeuvres musicales inspirées par un Monde d'Oiseaux
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